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Accueil > Grands équipements > La plateforme tournante Coriolis > Histoire de la première plate-forme coriolis

La plate-forme tournante Coriolis a 50 ans

1960 : la construction

En 1960 à Grenoble, a été construite une grande plate forme
tournante destinée à la modélisation physique des marées
dans la Manche. La rotation de la Terre influence fortement les
amplitudes des marées : pour être réaliste, la maquette de la
Manche (300 tonnes) devait donc tourner sur elle-même. EDF a
initié ce projet pour étudier l’implantation de l’usine marémotrice
des îles Chausey.

Pourquoi Grenoble ?

Le bassin grenoblois rassemblait toutes les compétences pour mener
à bien ce très grand projet mécanique et hydraulique. SOGREAH
a étudié cette machine, NEYRPIC l’a construite, l’Université de
Grenoble, l’INP et le CNRS l’ont exploité. La plate-forme Coriolis fut
parmi les premiers grands instruments de renommée internationale
dont Grenoble ait disposé.

Un formidable défi technique

- diamètre 13m
- poids : 300 tonnes
- période de rotation : 4 tours par minute
- horizontalité : 1/1000 de degré
- stabilité de la vitesse de rotation à 0.01%

Les études menées sur le modèle de la Manche

- l’usine marémotrice des îles Chausey,
- l’usine de traitements des déchets nucléaires de la Hague,
- les marées et les courants résiduels dans toute la Manche,
- l’implantation de centrales nucléaires (Flamanville, Palluel, Penly,…),
- et même le pont sur la Manche !

Grenoble, centre océanographique ?

Les études menées sur la plate-forme Coriolis ont servi de référence pour le développement de la modélisation
numérique des marées. Ce domaine a pris un essor considérable avec la cartographie des courants océaniques
par satellite, à partir de la déformation altimétrique de la surface océanique. C’est ainsi que le Laboratoire
des écoulements géophysiques et industriels (LEGI) de Grenoble s’est trouvé au coeur du développement de
l’océanographie opérationnelle, consistant à établir des prévisions de l’état de l’océan en associant observations de
satellites et calculs numériques, à la manière des prévisions météorologiques.

1985 : un tournant décisif

A la fin du modèle physique de la Manche, un crédit d’équipement
exceptionnel du CNRS a permis de restructurer l’instrument et de
revenir vers la recherche plus fondamentale en dynamique des
fluides géophysiques.

La structure en béton armé a donc été détruite au marteau piqueur pour être remplacé par une piscine en acier. Deux bras permettaient la fixation des équipements de mesures.

2002 : une rénovation majeure

Le plot central perturbait les mesures. Une nouvelle structure ayant une zone de pilotage et embarquant tout l’équipement électronique et informatique a été mise en place. Par ailleurs, des bassins de stockage d’eau ont été construits à proximité du bâtiment, en souterrain afin de réguler au mieux leur température.

Ces équipements ont été accompagnés de
développements innovants en mesure de champs de vitesse par
imagerie laser. La plate-forme Coriolis est aujourd’hui utilisée par des
chercheurs du monde entier qui viennent y étudier la physique des
fluides tournants et stratifiés.

2010 : anniversaire des 50 ans

programme des présentations

Le projet Coriolis II

Dans le cadre du réaménagement de la Presqu’île,
il est nécessaire de déplacer ce formidable instrument.
Comment relever ce nouveau défi technique ?

Pourquoi reconstruire ?

La plate-forme Coriolis est la plus grande plate-forme tournante au monde et est un
moyen unique pour la réalisation de nombreuses expériences. Elle est plébiscitée
par la communauté scientifique internationale, et participe à la renommée de
Grenoble dans le domaine des géosciences. Enfin, c’est un merveilleux outil de
formation à la physique de l’atmosphère et de l’océan.

Quelques règles pour la reconstruction :

- reproduire les dimensions principales de l’instrument qui font sa spécificité,
- conserver les grands principes mécaniques qui ont donné de bons résultats
pendant 50 ans,
- profiter du retour d’expériences pour améliorer les performances de la machine,
- réutiliser au maximum les équipements existants pour diminuer les coûts.


Comment ça marche ?

- la plate-forme repose sur un pivot central et un rail circulaire,
- le pivot central supporte les 2/3 de la charge totale (300t),
- le rail repose sur 20 galets, il doit être parfaitement plan,
- une partie des galets sont moteurs et entrainent la plate-forme.
Les améliorations :
- la partie mise en rotation (galets, rail, pivot central, régulation) a été améliorée,
- la partie expérimentale (structure portante et cuve expérimentale) sera beaucoup plus fonctionnelle,
- le portique d’instrumentation pourra être mis en rotation indépendamment de la machine et l’ensemble tournant sera
isolé de l’air extérieur afin de limiter les frottements de l’eau dans la cuve,
- les performances dynamiques de l’ensemble seront revues à la hausse : période minimale de rotation descendue
à 10 secondes, possibilité de rotation dans les deux sens et d’oscillation de la plate-forme,
- nouvelles cuves à l’intérieur du bassin : canal annulaire, cuve plus haute,
- les problèmes de sécurité surtout liés à la rotation ont été complètement repensés.

Implantation :

L’installation de la plate-forme Coriolis II est envisagée dans un nouveau bâtiment,
près du Laboratoire des écoulements géophysiques et industriels (LEGI - UJF/CNRS/Grenoble INP)
sur le campus de Saint-Martin-d’Hères.